Au commencement

Le Japon, je l’ai dans la peau depuis une quinzaine d’années. Contrairement à beaucoup de personnes de ma génération, tout n’a pas commencé avec les dessins animés du club Dorothée mais avec un jeu vidéo sur Dreamcast qui s’appelait Shenmue. L’intrigue se déroulait dans le véritable Yokosuka, ville portuaire située au sud de Tôkyô, et reprenait les relevés météorologiques de l’année 86. Le jeu était un précurseur du genre « monde ouvert » et offrait une immersion réaliste dans une ville moyenne du Japon.

De là est parti un intérêt plus global, allant de la langue à l’Histoire, en passant par les mangas et les mythes et légendes. C’est donc sans surprise que j’ai fini par atterrir sur les bancs d’amphis de Paris 7, à suivre des cours pour obtenir une licence LLCE spécialité japonais. Je ne savais pas trop ce que j’en ferai mais ça y était, j’étudiais enfin le japonais et j’avais l’occasion d’en apprendre toujours plus sur ce pays qui me fascinait ! J’ai eu la chance d’aller effectuer ma deuxième année de licence dans une université proche de Tôkyô (cette année reste l’une des meilleures de ma vie), en rentrant j’ai obtenu le JLPT 2 ainsi que ma licence avec mention l’année suivante.

Et puis le vent a tourné.

J’ai entamé un Master de recherche – la version professionnelle n’existait pas pour ce cursus à l’époque – sur un obscur courant littéraire qui ne m’intéressait pas. J’avais fini par accepter ce sujet faute de trouver un directeur de recherches prêt à superviser mon projet d’étude sur la place du kimono au sein de la société contemporaine.
Des problèmes de santé ont balayé le peu de motivation qui me restait et j’ai abandonné mes études.

Mon but à l’époque était de devenir traductrice. Je n’étais pas parfaitement bilingue mais je me débrouillais plutôt bien et l’avantage qu’a la traduction sur l’interprétariat, c’est qu’elle permet un temps de réflexion pour trouver le mot juste ou la tournure la plus appropriée. J’ai frappé à bien des portes, notamment à toutes celles des maisons d’édition de mangas, sans succès.

J’aurais dû le voir venir. Nos profs avaient eu l’honnêteté de nous prévenir : « attention, le japonais est un outil mais pas une fin en soi, il vous faudra une formation complémentaire, en commerce ou tourisme par exemple, pour espérer pouvoir gagner votre vie. » Je ne me disais pas qu’ils avaient tort, je me disais simplement que je n’avais rien envie de faire d’autre.

Je n’avais par-dessus le marché aucun réseau ni carnet d’adresses auxquels me raccrocher du fait d’un tempérament solitaire et introverti.

Les choses ne se présentaient pas bien. J’ai décidé de postuler au Programme JET, un système mis en place par les collectivités locales japonaises soutenues par divers organismes pour promouvoir les échanges et la compréhension mutuelle avec les pays étrangers. J’ai tenté ma chance comme Assistant Language Teacher et ai réussi l’entretien, malheureusement il s’agit de contrats renouvelables et la condition sine qua non pour être sélectionné est qu’un poste se soit libéré.
Ce ne fut hélas pas le cas cette année-là.

A force de recherches, j’ai fini par trouver un poste de professeur de français dans une école privée qui proposait ses services aux expatriés japonais. Les élèves étaient de tous âges et de différents niveaux et sympathiques dans l’ensemble. Malgré tout, les conditions de travail étaient pour le moins difficiles et au bout de quelques mois, très déprimée, je jetai l’éponge.

Retour à la case départ.

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